SAKAZIQ'

Des chansons pour enfants avec partitions, audios, textes et fiches pédagogiques.

Category : Motivation

Comment rester motivée?

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Préambule :
 
J'ai beaucoup hésité à publier cet article.  Ai-je le droit de me plaindre? Non. Considérez donc ce texte comme une grande remise en question ou comme l'analyse d'un doute qui m'assaille.
 
Mais de toute façon qu'ai-je à craindre? Personne ne lira cet article jusqu'au bout, il est bien trop long…

Comment puis-je rester motivée et continuer à proposer des spectacles avec des enfants?

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- Le vibreur de mon i-Phone retentit. C'est un SMS: "Désolée mais ma fille ne pourra pas participer au cours choral cette année, elle a l'équitation ce jour-là. Bonne soirée : )" C'est le troisième SMS de ce genre aujourd'hui et ma boîte mail ainsi que mon répondeur ont l'air de s'être donnés le mot : "Vous… avez… un... nouveau... message… bip! : Oui bonjour, c'est pour vous dire que ça ne marchera pas, mon fils n'est pas motivé pour participer au spectacle, mais merci pour la proposition, à bientôt!" Un petit pincement au cœur et de la buée dans mes yeux, et si l'aventure SAKAZIQ' devait s'arrêter... J'enseigne la musique depuis pas mal d'années et je propose régulièrement des créations de spectacles avec des enfants, soit dans les écoles publiques, soit en privé, dans des conditions quasi professionnelles. Je recrute les jeunes chanteurs en faisant de la pub sous forme de flyers dans les écoles ou par courriel, via Facebook et auprès de mon entourage. Créer des spectacles est une de mes passions, un dada, mais je dois avouer que parfois je suis fatiguée et démotivée et je me demande si je ne suis pas importune… C'est qu'au-delà de toutes les conditions à réunir pour pouvoir créer un spectacle (trouver un lieu d'accueil, monter un dossier, établir un budget, obtenir de l'argent, convaincre les donateurs, les collègues, contacter le metteur en scène, le scénographe, le décorateur, le costumier, le chorégraphe, le technicien son, le technicien lumière, les musiciens, l'arrangeur, les enseignants etc, etc…), au delà de toutes ces conditions donc, se trouve un paramètre non-négligeable : Il faut convaincre les principaux intéressés, LES ENFANTS, sans qui, il faut bien le dire, tout cela ne sert à rien. Mais pourquoi donc je m'évertue à proposer des spectacles? Cette année, six inscriptions me sont parvenues alors que j'en espérais vingt au minimum. C'est désolant… Les enfants ont-ils si peu de temps à disposition, tellement d'occupations durant leurs loisirs ? L'école publique propose des cours à option de toutes sortes, musique, couture, science, bricolage. Tout est très intéressant, très ludique. Et il y a les écoles de danse, de cirque, les écoles de musique, de théâtre, les clubs de sport, les scouts, les cours de cuisine, et j'en passe. Un vaste choix d'activités plus alléchantes les unes que les autres… Tant et tant de choses à faire… Comment choisir? Cela me fait penser à une situation dont j'ai été témoin il y a quelques années, un peu avant Noël. Cela se passait dans un grand magasin, il y avait un petit enfant planté au milieu d'un immense rayon de jouets. Il devait choisir son cadeau, se décider entre un robot transformable fluorescent, un super circuit avec des lumières qui clignotent, une panoplie de magicien-sorcier, une moto comme celles des grands mais pour enfants, un truc chose chouette et un autre machin bidule… L'adulte qui l'accompagnait commençait sérieusement à s'impatienter… Mais visiblement cet enfant n'avait pas d'envies, pas de désirs particuliers. Il se trouvait dans l'embarras du choix. Est-ce de sa faute? Il peut tout avoir avant même d'en avoir envie... Dans le même registre, une amie m'a raconté être perdue et incapable de choisir un paquet de jambon devant l'immensité du choix des étalages de viande de nos super-marchés. Elle a vécu longtemps en Russie et, là où elle vivait, lorsqu'elle voulait acheter du jambon dans la petite épicerie du coin, il n'y en avait qu'une seule sorte, et encore, lorsqu' il y en avait! Aujourd'hui, si j'analyse ma sensation, je me sens un peu comme un de ces paquets de jambon accrochés au milieu des autres paquets de jambon… Une proposition d'activité en plus, parmi d'autres "Achetez, chers consommateurs, achetez…" Alors quoi? Ma recherche pour trouver de nouveaux membres n'a pas été très fructueuse. Que faire? Insister? Démissionner? J'ai la nette impression que ce que je propose n'intéresse pas. Peut-être est-ce de ma faute? Suis-je une mauvaise prof ? Suis-je à côté de la plaque? Suis-je de mauvaise foi? Certes, proposer un opéra pour enfant c'est ambitieux. C'est un défi. Mais échouer si près du but c'est rageant! Une metteuse en scène professionnelle à accepté de nous coacher dans cette aventure, elle nous a dégoté des décorateurs qui ont déjà commencé à construire les décors, les accessoires et les costumes. Un collègue musicien s'est attelé à arranger l'oeuvre choisie pour l'adapter à son orchestre d'élèves et il a convaincu un autre orchestre et trouvé des renforts professionnels pour les instruments manquants. Le centre culturel de la région est partant pour nous programmer quatre concerts dont une scolaire, le gouvernement nous a octroyé les subventions souhaitées ! Bref tout y est! Un rêve qui devient réalité! Mais pourquoi diable ai-je pensé que les enfants suivraient? Que les jeunes artistes en herbe resteraient fidèles et que ceux qui nous ont applaudis lors des précédents concerts auraient envie à leur tour de nous rejoindre sur scène? Suis-je naïve? Ou prétentieuse? Qu'est-ce qui cloche? Ou ai-je fauté? Je sais bien que l'activité que je propose sort de l'ordinaire. Un opéra?! Mais quel enfant écoute de l'opéra? Un bon show avec les tubes de l'été serait peut-être plus approprié, plus apprécié. Sauf que je refuse de croire qu'on ne convainc les enfants qu'avec ce qu'ils connaissent. C'est comme si je ne proposais que des pizzas, du chocolat et des kebabs au menu sous prétexte que c'est ce que mes enfants aiment manger. Je pense que pour apprécier les courgettes il faut manger des courgettes, en gratin, en salade, farcies, en soupe ou en purée, non? Bref, je me sens à court d'idées et démunie face à cette réalité. J'aimerais beaucoup relever le défi de ce spectacle mais là, je sèche. Que faire? Ce que je souhaite, c'est comprendre la racine du problème, comprendre ce qui se passe, savoir si j'ai tort ou raison de proposer des projets. Dois-je me ranger? Quelles solutions trouver pour redonner envie, pour libérer du temps, pour créer l'enthousiasme? Et surtout comment faire pour ne pas avoir à remotiver les troupes à chaque nouveau projet! Est-ce que je demande la lune? D'autres y arrivent bien! Prenez l'exemple de José Antonio Abreu qui à fondé une école de musique extra-ordinaire en Argentine "El Sistema" (un film qui fera l'objet d'un prochain article) Ou le grand chef d'orchestre Sir Simon Rattle qui a travaillé sur le "Sacre du printemps" de Stravinsky avec 250 enfants. Une aventure pleine de rebondissements relatée dans le documentaire "Rythm is it" (que je chroniquerai également prochainement) Monsieur Scott Allan Prouty directeur du chœur d'enfants "Sotto vocce" dont je parle dans un article précédent. Ils ont réussi, eux. Ils sont passés maîtres dans l'art d'enseigner avec succès. Mais quel est leur secret? Leur stratégie? Comment puis-je faire pour m'orienter dans leur direction? Je n'ai certes pas l'ambition d'être aussi performante qu'eux mais si je pouvais percer ne serait-ce qu'un tout petit bout de leur secret de réussite, je serais aux anges. Alors je cherche des solutions. Est-ce que ce nouveau projet pourra être mené par SAKAZIQ' ou devrai-je passer le témoin à un autre choeur d'enfants? Lorsque je pense à mes chers collègues qui sont vraiment admirables et à mes six petites perles d'élèves absolument adorables ainsi qu'aux adolescents de l'orchestre et à tous ceux qui croient en ce nouveau projet, une émotion indescriptible m'envahit; c'est un mélange de culpabilité, de rage de vaincre et de tristesse à la foi. Non, vraiment il faut que j'y arrive, je leur dois bien cela.   Aujourd'hui j'ai besoin de vous, chers lecteurs. Pouvez-vous m'aider et me donner votre avis, votre point de vue? Si vous avez un éclairage, un conseil, des propositions,  je suis toute ouïe. Si vous avez deux minutes à me consacrer pour écrire votre commentaire ci-dessous et me faire part de vos remarques, de votre opinion, cela me serait vraiment très précieux. A votre avis, dois-je abandonner?  Dois-je persévérer? Pourquoi? Comment? MERCI d'avance pour vos réactions